L’érable dépose
Orangées jaunes ou rouges
Ses étoiles à terre

L’érable dépose
Orangées jaunes ou rouges
Ses étoiles à terre

Mai
Marche à pas comptés / Apaise cœur et esprit / Il apparaîtra
Ô maman très chère / Les lilas ont refleuri / Et toi tu n’es plus
Ah, c’est joli ça ! / Voix flûté du bel enfant / Piétinant la fleur
Marche solitaire / Le parfum de la forêt / Ivresse d’un soir
Ce trou de verdure / Depuis qu’Arthur l’a trouvé / je le cherche en vain
Dans mon bol de thé / Bulle qui monte et s’envole / Bonjour Issa
Roses de la Pentecôte / Parfum en majesté / Aussi les épines
Sur la page blanche / Une coccinelle / Perle rouge du printemps

Juin
Dans les blés couchés / Un essaim de coquelicots / Butine le soleil
Ailes suspendues / Valse lente des nuages / Murmure du jour
Maison angevine / Une horloge sans aiguille / Pour l’éternité
Aucune ombre / Sur ces jeunes filles en fleur / Fin de l’innocence
Fête foot musique / Bière cris et beuverie / Tribu téléphage
– Nous, les herbe folles … / – Non, ici on n’aime pas. / – Nous, les immigrés…
Vieil étang tout envasé / La grenouille plonge / Jamais reparue

Juillet
Eclair bleu argent / Sur les eaux troubles du ru / Une libellule
Va marche et respire / Accorde-toi à l’instant / Rien d’autre
Les joueurs d’échecs / Au jardin du Luxembourg / Même les moineaux matent !
Saule bruissant dans le vent / On dirait qu’il pleut / Une cloche au loin
Tournesols / Salutation au soleil / Hommage à Vincent
Sous la canicule / Pattes jaunes bec rouge / Gambade la gallinule
L’écharpe des étoiles / Caresse mes yeux / Nuit de juillet

Août
Ville de montagne / Sommets enneigés / La foule en tongs les ignore
Vieux chalet, prairie en fleur / Le chant des grillons / Jusque dans la tête
Sommets enneigés / Le regard se porte / Plus haut, bien au-delà
Quand suis-je né / A moi-même, vraiment ? / Peut-être jamais…
Le vieux marin à terre / Fait du cabotage / De bar en bar
Bruits de couloir / Le parquet craque et bavarde / Nuit blanche
Septembre
Au fil de l’eau / Une feuille suit son destin / Sans savoir
Je sais que je suis vivant / Pas grand-chose d’autre – / Qu’est-ce que c’est « vivant » ?
Ailes étendues le cygne / Calme les eaux calmes – / Une vanité
Accroché aux feuilles / Rouge le soleil s’attarde / Première fraîcheur
Sifflement d’ailes / Colverts en escadrille / Au-dessus des roselières
Ce marron luisant / Retrouvé en fond de poche / Tout fripé – Automne

Glanés au fil des jours et des nuits, quelques haïku tirés de mes carnets de saison…
Janvier
Marche dans la rue / Et va labourant la ville / Promeneur d’hiver
Ils marchent tous tête basse / Regardant leurs pieds / Leur seul horizon ?
Soleil d’hiver gris froid / L’oiseau trille puis se tait / Plus fort le silence
Ce petit pan de mur jaune / Salle d’hôpital / Rien à voir avec…
Vert dans la prairie / A l’infini se déploie / Pas âme qui vive
Et si j’étais un oiseau / Au fait le saurai-je ? / Le propre de l’homme
Février
Flèche de Notre-Dame / Mouettes – du haut du ciel / Le bruit de la mer
Ah, c’est un miracle ! / Les canards marchent sur l’eau / Ruse de l’hiver
Lourd et entêtant / Cet air d’opéra / Le parfum de ma voisine
Un pigeon trois étourneaux / Picoraient ensemble / Début de la fable
Le pêcheur attend / Le goujon surveille / Qui cèdera le premier ?
Lune cristalline / Perdue dans le vaste ciel / Nos deux solitudes
Mars
Les arbres tordus / Se désolent de leurs feuilles / Un si long hiver
Il est inspiré / Le flûtiste du matin / Merle sur sa branche
Pieds en éventail / Je goûte le soir / Dans mon verre de whisky
Nuit passée au noir / Plus de lune ni d’étoiles / Leçon de ténèbres
Avril
Sur le carré d’herbe / Primevères en pointillé / Un tapis persan
Douce heure du soir / Le temps se fige – Immobile / Je retiens mon souffle
Bruit de la tondeuse / Pourquoi coupes-tu les fleurs ? / Bruit de la tondeuse
Le TGV file / Un talus de genêts jaunes / Souvenir d’enfance

Tu ne peux vivre tous tes rêves
Garde les plus beaux
Pour l’autre rive

Je sais que je suis vivant
Pas grand-chose d’autre –
Qu’est-ce que c’est « vivant » ?
Sommets enneigés
Le regard se porte
Plus haut, bien au-delà
Les joueurs d’échecs
Au jardin du Luxembourg
Même les moineaux matent !
Le Trouvère la-la-lère / Et pourtant quel drame ! / Veni vidi Verdi
Lourd et entêtant / Cet air d’opéra / Le parfum de ma voisine
Les deux amoureux
La chaleur de leur étreinte
Frissons dans le dos
Au quartier Latin
Le SDF intello
Lit l’Assommoir